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Accès privilège

Icentia à la santé des Canadiens à cœur

Le CardioStat

par Carolyn Collet, le 11 septembre 2017

«Oui, notre entreprise a des retombées économiques au niveau de l'emploi dans la région, mais le plus important pour nous, c'est que nous avons aujourd'hui un impact sur la santé des Canadiens.»

En 2012, Pierre Paquet et Yannick Le Devehat caressaient le même objectif lorsqu'ils ont mis au monde la compagnie québécoise Icentia, soit de venir en aide à leur prochain. L'une des premières ébauches du plan stratégique des hommes d'affaires prévoyait la création d'un moniteur compact permettant de détecter les troubles du rythme cardiaque ainsi qu'offrir des services d'analyse médicale. 

Baptisé CardioStat, ce produit est maintenant commercialisé principalement au Québec et en Ontario. Et devrait faire une première incursion du côté de l'Europe au début 2018, parole des propriétaires. 

La technologie développée consiste à remplacer l'appareil d'électrocardiographie portatif Holter, qui permet de diagnostiquer les arythmies, par un appareil moins encombrant - sans fil -, facile d'utilisation et plus accessible, qui offre la possibilité d'enregistrer l'activité électrique cardiaque d'un patient jusqu'à 14 jours. L'analyse des données est réalisée dans l'antre d'Icentia.

«Par jour, nous recevons une cinquantaine de tests médicaux», avance le président-directeur général, Pierre Paquet. «On détecte quotidiennement des anomalies cardiaques qui n'auraient probablement pas été détectées autrement. Nous avons un impact sur la santé des Canadiens et nous en sommes fiers. [...] Nous avons vraiment l'ambition d'être une entreprise internationale», poursuit-il, souhaitant commercialiser CardioStat à travers le pays. 

Comme autre produit dans ses cartons, Icentia prévoyait à ses débuts développer une technologie en lien avec l'apnée du sommeil. Motus et bouche cousue du côté de la direction sur ce projet qui semble sur la glace pour le moment. D'ici 2020, cette division devrait toutefois avoir une offre sur le marché, confie au Soleil Yannick Le Devehat. 

En expansion

De 18 employés en juillet 2016, Icentia en possède maintenant 51. Si tout se déroule comme prévu, la direction prévoit doubler la famille d'ici la fin de 2018. D'ailleurs, l'entreprise située dans le Parc technologique du Québec métropolitain a reçu vendredi une aide financière de 250 000 $, sous forme de contribution remboursable, du gouvernement fédéral pour soutenir sa croissance vers de nouveaux marchés.

Depuis quelques années, les ventes grimpent annuellement de plus de 20 % chez Icentia et les clients sont de plus en plus nombreux à cogner aux portes de la jeune pousse, qui livre bataille aux multinationales américaines et européennes. Aujourd'hui, plus d'une centaine d'établissements de santé ou d'organismes collaborent avec la compagnie, principalement des cliniques et des centres hospitaliers.

Pour une possible incursion au pays de Donald Trump, Yannick Le Devehat ne ferme pas la porte. L'aventure au sud de la frontière canadienne n'est toutefois pas au programme à court terme. Et peu importe où les produits d'Icentia vont aboutir dans le monde, le propriétaire assure que le siège social de la compagnie va demeurer à Québec. 

«L'analyse des données peut se faire d'ici. Nous allons peut-être ouvrir des centres de téléchargement local en Europe, si c'est nécessaire», explique-t-il. «On regarde déjà pour des partenariats. [...] Il y a plusieurs marchés intéressants pour nos produits. Les États-Unis sont un marché très important, mais pour le prochain endroit, c'est l'Europe. Il y a aussi des marchés comme le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande qui peuvent nous intéresser», conclut le vice-président aux technologies.

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Se lancer en affaires avec son voisin

Avez-vous déjà songé de vous lancer en affaires avec votre voisin? Chez Icentia, la réponse est oui et force est de constater que l'aventure s'avère payante.

Les hommes d'affaires et fondateurs de la compagnie Pierre Paquet et Yannick Le Devehat se sont rencontrés à l'Université Laval durant leurs études grâce à des amis. Comme c'est souvent le cas, le duo s'est perdu de vue, mais...

«Nous avons un parcours un peu similaire. Pierre a habité à l'étranger, tout comme moi», raconte au Soleil Yannick Le Devehat, qui est demeuré à Tokyo durant plus de cinq ans. Il était responsable de la division Telecom and Smart Card de l'allemande TÜV SÜD, l'une des plus grandes agences de certification de produits au monde. 

Quant à Pierre Paquet, après son baccalauréat en génie mécanique, il a résidé en Suisse pour obtenir son MBA de l'École polytechnique fédérale de Lausanne. Avant Icentia, il a travaillé comme directeur chez Victhom Bionique Humaine et pour le centre d'innovation de CareFusion, un leader mondial dans le domaine de la santé basé à San Diego. 

«Lorsque je suis revenu à Québec, j'ai acheté une maison devant chez lui. Un jour, je le vois tondre sa pelouse et je vais le voir et lui dit : ''Je pense que je te connais''», indique Yannick Le Devehat, qui détient un baccalauréat en génie électrique. Au cours de sa carrière, il a également démarré plusieurs entreprises, notamment dans le domaine de la microélectronique flexible.

Après quelques pourparlers, l'aventure Icentia prend forme. «Je suis dans le domaine de la technologie et Pierre était plus du côté médical. Il y avait un fit. J'ai dit oui et nous avons réalisé le modèle d'affaires. [...] L'objectif de l'entreprise est de démocratiser les tests médicaux», conclut-il.

Aujourd'hui, le duo est à la tête d'une compagnie de 51 employés située dans le Parc technologique du Québec métropolitain.

Source: JEAN-MICHEL GENOIS GAGNON - Le Soleil

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Catégorie : Bons coups au Parc techno

Mots-clés : icentia