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SiliCycle n'a pas peur du risque

Des investissements à l'horizon

par Kareen Goupil, le 15 janvier 2018

«À mon avis, c’est bien plus que de la diversification que fait SiliCycle. C’est d’essayer des affaires extrêmement risquées. Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui font ça.»

François Arcand connaît le tabac.

Avec Louis-Philippe Vézina, il avait fondé Medicago en 1997. La biopharmaceutique de Québec appartient aujourd’hui à une multinationale japonaise et se dotera, en 2020, d’un complexe de production de 245 millions $ dans l’Espace d’innovation D’Estimauville dans la capitale.

 

Aujourd’hui, François Arcand est aux commandes de Pharma in silica, le plus récent rejeton de SiliCycle, une entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain spécialisée dans la création, la fabrication et la commercialisation de gels de silice. Cette substance est utilisée par les sociétés pharmaceutiques pour purifier les médicaments en éliminant les métaux résiduels et autres impuretés.

«Consultez la liste des vingt plus grands fabricants de médicaments sur la planète et je vous annonce qu’ils sont tous nos clients», indique le fondateur et président de SiliCycle, Hugo St-Laurent. «Nous sommes aujourd’hui présents dans 80 pays et nous possédons des places d’affaires en Chine, en France et en Inde.»

Investissement de 15 millions $

Les affaires vont bien pour SiliCycle. Tellement bien que l’entreprise, qui compte 75 employés, investit 15 millions $ pour agrandir ses installations. Les travaux débuteront dès la fonte des neiges.

Hugo St-Laurent ne veut pas dévoiler son chiffre d’affaires. Il se limite à dire qu’il vise l’atteinte du cap des 100 millions $.

«Depuis 2010, nous enregistrons une croissance annuelle variant entre 10 % et 30 %.»

L’an dernier, SiliCycle figurait au 439e rang des 500 entreprises les plus dynamiques au pays selon le palmarès établi par Canadian Business grâce à une croissance de 100 % de ses revenus au cours des cinq dernières années.

Loin de vouloir s’asseoir sur ses lauriers, SiliCycle a mis le cap sur la diversification de ses activités au cours des quatre dernières années. La compagnie a mis en place un «créateur interne d’initiatives» afin de valoriser le savoir qu’elle possède dans le domaine de la chimie de la silice. Des sommes importantes sont investies en recherche et développement.  «Nous sommes en mesure de le faire, car nous vivons une belle croissance et nous générons de bons profits», explique Hugo St-Laurent.

Le «créateur interne d’initiatives» a livré ses premiers fruits en 2017 avec l’éclosion de deux nouvelles pousses : Total Océan et Mirapakon.

La première se spécialise dans la production d’acides gras oméga-3 à partir d’extraits marins (huile de poisson et de phoque et résidus de crustacés et de crevettes). La seconde fait son pain et son beurre dans le domaine des enduits et des revêtements protecteurs spécialisés, principalement pour le domaine du transport maritime.

Parfum et médicaments anticancéreux

Dans ses laboratoires, SiliCycle a mis au point une technologie permettant de séquestrer des ingrédients à l’intérieur d’une sorte d’enveloppe faite de silice.

Une découverte qui devrait trouver rapidement des applications dans l’industrie des parfums et des huiles essentielles, fait remarquer Hugo St-Laurent. Par exemple, l’utilisation de microsphères de silice peut freiner l’évaporation des mélanges naturels complexes et des mélanges synthétiques.

SiliCycle s’apprête à commercialiser un premier produit destiné aux fabricants de parfums et d’huiles essentielles.

L’ingénieur-chimiste diplômé de l’Université Laval fait aussi le pari que sa technologie pourrait améliorer les traitements anticancéreux, notamment en réduisant la toxicité des médicaments utilisés en chimiothérapie afin de les rendre plus efficaces pour combattre la maladie.

Pour concrétiser cet ambitieux projet, SiliCycle a mis au monde Pharma in silica, une société dédiée à l’amélioration des médicaments, et a fait appel à François Arcand pour mener la charge. L’objectif étant d’amener un candidat médicament en phase 1 chez les humains d’ici 2020.

La compagnie de Québec s’est aussi associée avec le laboratoire LASEVE qui est affilié au département des sciences fondamentales et à la Chaire de recherche sur les agents anticancéreux d’origine naturelle de l’Université du Québec à Chicoutimi. Une équipe de 25 chercheurs va se mettre à la tâche au cours des trois prochaines années pour démontrer s’il est possible, à partir de la séquestration d’un actif pharmaceutique dans des enveloppes de silice, d’accroître l’efficacité et la sécurité d’un médicament anticancéreux et d’en limiter les effets secondaires chez les patients.

La mission de François Arcand est de réaliser une collecte de fonds d’un million de dollars auprès d’investisseurs intéressés à ouvrir leurs goussets pour appuyer «un projet à haut risque et à haut rendement».

«L’opération de financement devrait se conclure vers la fin de l’hiver», indique Hugo St-Laurent qui a cofondé SiliCycle en 1995 grâce à une garantie de prêt de 44 000 $ venant du gouvernement du Québec.

Source: Le Soleil

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Catégorie : Autre

Mots-clés : biopharmaceutique, investissements, silicycle